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Littérature

Cercle de Lectures - Chasseurs d'Afrique, notes pour une histoire du regard

Noir sur blanc. Clichés en tous genres

27/05/2021
18h 30 à 20h
27/05/2021
18h 30 à 20h
Auditorium Cité (3, rue Genistre)

Entrée libre

Réservation

Sur inscription

En langue française

Depuis le mois d’octobre 2020, Corina Ciocârlie et le Cercle Cité proposent un nouveau cycle de rencontres consacré au phénomène migratoire sous la loupe des écrivains et des photographes. 

Placé sous la loupe déformante des « explorateurs » blancs, le continent noir n’a jamais (ou presque) droit au bon éclairage : tantôt surexposé ou caricaturé, tantôt sous-exposé, voire effacé de la carte. Si l’artiste chilien Alfredo Jaar se représente aujourd’hui l’Afrique comme une Atlantide – un continent submersible, englouti par la marée noire de l’oubli –, des générations entières de romanciers – à commencer par Maupassant, suivi de près par Conrad et Céline – n’ont cessé d’en exploiter le potentiel folklorique.

Lors d’un dîner mondain où il rencontre M. Walter, le patron de La Vie française, Georges Duroy, alias Bel-Ami (1885), se voit confier – après avoir discouru « avec une certaine verve hâbleuse » sur la colonisation de l’Algérie – une « petite série fantaisiste » d’articles intitulée Souvenirs d’un chasseur d’Afrique. Assis devant sa table, le jeune homme cherche ses mots pour raconter de la manière la plus « charmante » possible « l’Afrique des Arabes vagabonds et des nègres inconnus, l’Afrique inexplorée et tentante, dont on nous montre parfois, dans les jardins publics, les bêtes invraisemblables qui semblent créées pour des contes de fées (…), les rhinocéros informes, et les gorilles, ces frères effrayants de l’homme ». En enchaînant des détails de roman-feuilleton et des descriptions ampoulées « avec une maladresse de style de collégien et des formules de sous-officier », Duroy finira bien par rédiger une chronique ressemblant à « un chaos de folies » – qui lui sera, certes, refusée par la direction du journal, mais ne l’empêchera guère de se prendre pour un futur grand reporter.

Trois-quarts de siècle plus tard, lorsque Roland Barthes publie ses Mythologies (1957), les chasseurs d’Afrique s’avèrent être toujours aussi entreprenants que Georges Duroy, toujours aussi fanfarons que Tartarin de Tarascon qui, en 1872 déjà, s’en allait chasser le lion en Algérie. Parmi les mythes petits-bourgeois qui permettent au bifteck-frites de côtoyer la nouvelle Citroën et l’épopée du Tour de France, il y a bel et bien l’Afrique transformée en « guignol un peu dangereux ». Pour preuve, cette histoire dont Paris-Match voudrait faire un scoop, titrée « Bichon chez les Nègres » : le lecteur est invité à s’extasier sur le courage d’un couple de jeunes professeurs partis, avec leur enfant en bas âge, explorer le pays des Cannibales pour y faire de la peinture. L’analyse de Barthes se passe de tout commentaire : « Bichon est un bon petit français, il adoucit et soumet sans coup férir les sauvages : à deux ans, au lieu d’aller au bois de Boulogne, il travaille déjà pour sa patrie, tout comme son papa, qui, on ne sait trop pourquoi, partage la vie d’un peloton de méharistes et traque les “pillards” dans le maquis ».


Inscription obligatoire ici

(En raison de la crise sanitaire actuelle, la capacité d’accueil sur nos événements est limitée. Ainsi, si après inscription vous n’êtes pas en mesure de pouvoir y assister, nous vous invitons à nous contacter au plus vite par e-mail (inscription@cerclecite.lu) afin de pouvoir libérer votre place à d’autres personnes).

Dans le respect des consignes sanitaires liées à la Pandémie du Covid-19, le nombre de participants est limité et l'inscription à l'événement exigée. 
Le port du masque pour entrer dans la salle, ainsi que le maintien d'une distance entre les visiteurs est obligatoire.

Organisation
Cercle Cité, en collaboration avec Corina Ciocârlie

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