Cercle de Lecture | La mélancolie des idoles déchues

14/11/2019 | 18:30

Depuis le mois d’octobre, Corina Ciocârlie et le Cercle Cité proposent un cycle de rencontres autour des correspondances entre les mots et les images, entre la fiction littéraire et le récit photographique, artistique ou cinématographique. Chaque lecture/débat prendra comme point de départ une scène de roman, une photographie ou un extrait de film, ainsi qu’une exposition en cours au Cercle Cité.

Deuxième volet d’un cycle de rencontres sur le statut de l’image au temps des guerres, des crises, des dictatures. La discussion lancée en octobre, sur les photos retouchées, les révolutions volées, les idoles déchues, se poursuivra à partir des livres signés récemment par Timur Vermes (Il est de retour, 2014), Sergueï Lebedev (Les Hommes d’août, 2019) et Sergi Pàmies (L’Art de porter l’imperméable, 2019). Après le nez de Mussolini et la toque de fourrure de Ceauşescu, il sera donc question de la moustache d’Hitler, des bottes de Staline, du manteau de Lénine, mais aussi de toutes les tentatives de l’appareil de propagande, relayées par les artistes – photographes, sculpteurs, cinéastes ou romanciers –, de récrire l’Histoire à coup de pinceaux, y compris numériques.

Au-delà des silhouettes des personnages, le recyclage, le gommage, les retouches, le fading et la surexposition visent tous les attributs du pouvoir. Déchirer les drapeaux, remplacer les hymnes, renverser les idoles de pierre, ce sont des gestes fondateurs des mouvements révolutionnaires et, par ricochet, un excellent prétexte narratif. Mais si l’on veut savoir pourquoi on finit par déboulonner les statues, il faut déjà comprendre pourquoi on commence par les ériger…

À travers les symboles du pouvoir (bottes, manteaux, drapeaux, portraits officiels, loges de théâtre), à travers leur splendeur et leur déchéance, nous tâcherons de voir comment les mots et les images reflètent/réfractent le bruit et la fureur de l’Histoire. Nous mettrons nos pas dans ceux de Nietzsche, Jankélévitch, Orwell, René Girard, Alexandre Zinoviev, pour interroger les notions de pardon et d’oubli, de célébration et de réparation, d’avenir radieux et de hauteurs béantes, de lendemains qui (dé)chantent et d’éternel retour du même.

Jeudi 14 novembre 2019, 18:30
La lecture aura lieu en français à l’Auditorium Henri Beck (2, rue Genistre). Inscriptions obligatoires : inscription@cerclecite.lu
 


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