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Conférences

Cercle de Lectures - Mots de passe

En noir et blanc. Clichés en tous genres

28/01/2021
18h 30 à 20h
28/01/2021
18h 30 à 20h
En ligne

Entrée libre

Réservation

En langue française

Depuis le mois d’octobre 2020, Corina Ciocârlie et le Cercle Cité proposent un nouveau cycle de rencontres consacré au phénomène migratoire sous la loupe des écrivains et des photographes.

À chaque traversée ses protagonistes – les passagers –, ses adjuvants – les passeurs – et ses formules magiques – les mots de passe. Parmi ceux qui offrent au migrant leurs services pour lui permettre de se retrouver sain et sauf sur l’autre rive, il y a ce Charon des temps modernes dont l’honnêteté et les bonnes intentions restent à prouver. Si le cheval du héros, dans les contes de fées, est un compagnon de route à cent pour cent fiable et fidèle, le passeur joue un rôle plus ambigu dans l’économie de la traversée : à part le fait qu’il réclame immanquablement son dû, il nous mène souvent en bateau, littéralement et dans tous les sens. D’ailleurs, l’expression « mener quelqu’un en bateau » – le tromper – est, comme par hasard, le fruit d’un mélange entre les mots « bateleur », qui désigne un prestidigitateur, et « batelier », celui qui dirige un bateau…

Passer, quoi qu’il en coûte, c’est le titre d’un essai signé à quatre mains par George Didi-Huberman et Niki Giannari, sur les migrations contemporaines en général et sur les réfugiés du camp d’Idomeni en particulier. Aux questions posées par la cinéaste grecque – « Comment part une personne ? Pourquoi part-elle ? Vers où ? » –, le philosophe français répond par une anaphore qui suggère le mouvement sans cesse recommencé des vagues, le flux et le reflux de nos grandes espérances et de nos illusions perdues : « Passer. Passer quoi qu’il en coûte. Plutôt crever que ne pas passer. Passer pour ne pas mourir dans ce territoire maudit et dans sa guerre civile. (…) Et s’il le faut, pour passer, payer un passeur, un brigand : devenir hors-la-loi. Prendre cette décision, fût-ce la peur au ventre, fût-ce avec l’affreuse crainte pour sa vie, pour celle des enfants. Dans tous les cas : passer pour vivre. »

On largue les amarres, quoi qu’il en coûte. On a hâte de se retrouver de l’autre côté de la rivière, ou de la mer, ou de la nuit, quel que soit le prix exorbitant payé pour la traversée. Quelqu’un – qui peut se présenter sous les traits d’un Lapin Blanc muni d’une montre à gousset, ou alors d’un passeur sans scrupules déguisé en bon samaritain –, nous a vendu une bonne histoire, semée d’embûches mais avec happy end, et nous avons hâte de relever le défi, comme on relève un gant lors d’une provocation en duel. Le début du périple, le comment et le pourquoi des aventures au pays des soi-disant Merveilles c’est, justement, une offre qui ne se refuse pas. Qu’on ne refuse pas, parce qu’on préfère toujours regretter ce qu’on a fait, et non ce qu’on n’a pas fait. Heureux qui, comme Ulysse, et comme Alice, a fait un beau voyage…


Inscription obligatoire ici


Dans le respect des consignes sanitaires liées à la Pandémie du Covid-19, la rencontre ne pourra pas avoir lieu à l'Auditorium Cité mais se fera en ligne, via la plateforme Zoom. Pour garantir une bonne interaction avec le public, le nombre de participants est limité à 25 personnes.


Organisation
Cercle Cité, en collaboration avec Corina Ciocârlie

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